Dans une situation où des dizaines de milliers de personnes meurent du nouveau Covid19 coronavirus pandémie, il est difficile pour une attaque terroriste de pénétrer notre conscience, en particulier dans un coin du monde où cela est devenu une partie de la vie quotidienne de ces habitants. Mais ce qui s’est passé le mardi 12 mai à Kaboul était si odieux qu’on ne peut pas l’ignorer.

Trois hommes armés ont pris d’assaut la maternité de l’hôpital à Kaboul et se sont livrés à une longue fusillade avec les forces de sécurité afghan. Vingt-quatre personnes auraient été tuées, dont de nombreuses mères et les nouveau-nés. L’agence France Presse a rapporté : « Un responsable de la sécurité sortant de l’hôpital a montré aux journalistes des photos de la dévastation à l’intérieur de service : des mères abattues alors qu’elles tentaient de se cacher sous les lits, une infirmière prosternée dans le sang, une femme toujours accrochée à son nouveau-né. “Elle était morte, mais le bébé était vivant”, a déclaré le responsable. » Comment il est possible une telle attaque brutale contre la maternité d’un hôpital où les nouveau-nés sont retrouvés avec leurs mères innocentes ? Il s’agit d’un terrorisme du berceau à la tombe. Les autres attentats quand ils arrivent dans le pays, très peu après, les porte-parole de Taliban ou de l’État Islamique revendiquent la responsabilité, mais l’attaque de la maternité a été si violent que personne n’a assumé la responsabilité.

Quoi qu’il en soit l’auteur de ces attaques, leur signification est claire : le fameux « accord de paix » avec les Talibans annoncé par l’administration Trump le 29 février est en train de s’effondrer. La Maison Blanche avait affirmé qu’elle avait obtenu « des engagements importants qui sont nécessaires pour mettre à terme le conflit en Afghanistan ». Mais six semaines plus tard, il n’y a aucun signe de fin du conflit. Les talibans ont évité les attaques contre les militaires américain, mais ils ont continué de mener une guerre brutale contre le peuple et le gouvernement afghan. Les assurances orales données de la part des talibans à l’équipe de négociation américaine, dirigée par l’envoyé spécial Zalmay Khalilzad, qu’elle réduirait la violence de 80% se sont révélées sans valeur.

Après l’attentat de mardi, le président afghan Ashraf Ghani a ordonné à ses troupes, qui étaient dans une position de « défense active », de reprendre l’offensive. Son gouvernement tient à juste titre les talibans pour responsables de la poursuite de la violence – même si les talibans ne mènent pas eux-mêmes toutes les attaques, il ne fait pas assez pour les empêcher non plus. Selon le conseiller à la sécurité nationale afghane : « La raison de rechercher la paix est de mettre fin à cette violence absurde. Ce n’est pas la paix, si les Talibans n’ont pas la volonté de négocier avec le gouvernent afghan. »

Pourtant, l’administration Trump s’accroche à la fiction selon laquelle les talibans sont un partenaire de négociation de bonne foi. Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, a déclaré ce mardi : « Nous savons que les talibans ont nié toute responsabilité et condamné les deux attaques comme étant odieuses. Les Taliban et le gouvernement afghan devraient coopérer pour apporter les coupables en justice. »

Eh bien, oui, le gouvernement et les terroristes Talibs devraient coopérer. Mais ils ne le feront pas, parce que les talibans sont intéressés à étrangler, et non à renforcer, ce qu’ils considèrent comme un régime illégitime imposé par des infidèles occidentaux. Les talibans ne reconnaissent toujours pas le gouvernement démocratiquement élu à Kaboul et n’engageront pas de négociations avec ce gouvernement. La date limite du 10 mars pour lancer des négociations intra-afghanes sur un règlement politique est achevé.

L’excuse des talibans pour ne pas négocier est que le gouvernement n’a pas libéré 5 000 prisonniers talibans comme le prévoit l’accord. Le gouvernement dit qu’il a libéré 1 000 prisonniers alors que les Talibans n’en ont libéré que 171. Mais Ghani n’a jamais fait un tel engagement – c’était une promesse de l’administration Trump. Les autorités politiques afghans ne veulent naturellement pas rendre les Talibans encore plus dangereux en libérant tant de ses combattants pendant que la guerre fait rage.

Il semble très idiot, ce qui est conçu par les conseillers de politique étrangère américains concernant la situation actuelle en l’Afghanistan. Trump cherche justement de trouver des arguments audacieux pour sa campagne électorale et ses politiques populistes. Il n’a jamais concerné par des conséquences d’un accord, qui facilite le contrôle des talibans sur le pays. Pour lui, les acquis obtenus pendant ces deux dernières décennies en Afghanistan à travers les sacrifices des afghans eux-mêmes et leurs partenaires internationaux, peu importe s’il aura l’occasion de gagner un deuxième tour de scrutin électoral en instrumentalisant l’affaire afghan. Les contradictions et les incongruités de la politique étrangère américain vis-à-vis l’Afghanistan sont particulièrement marquées dans les milieux académiques et sphère médiatique.

Comment un président qui a mis fin à un accord nucléaire auquel l’Iran se conformait, et maintenant peut-il ignorer les violations par les Talibans d’un accord de « paix » ? Comment un président qui, en 2014, a condamné le président Barack Obama pour avoir libéré cinq prisonniers talibs en échange d’un sergent de l’armée américaine peut-il maintenant exiger que l’Afghanistan libère 5000 prisonniers Talibs en échange de promesses vaines ?  Comment un président qui peut se vanter que “Sous mon administration, nous ne ferons JAMAIS d’excuses aux ennemis de l’Amérique … et nous ne cesserons jamais de travailler pour vaincre le terrorisme islamique radical !” permettre maintenant à ses collaborateurs de trouver des excuses aux extrémistes islamistes ? Et, surtout, comment un président qui, avec un recul de 180°, a condamné Obama pour s’être retiré d’Irak et avoir permis la montée de l’État islamique peut-il être si désireux de répéter la même erreur en Afghanistan ?

Trump ne met pas fin à la guerre, mais il met fin à l’implication de l’Amérique et rend ainsi plus probable une victoire pour les terroristes qui massacrent les mères et les bébés.

Rédigé par: Sayed HASHIMI

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