Hong Kong est actuellement confronté à une crise politique historique. Un million de personnes sont venues manifester dans les rues de l’ancienne colonie britannique le 9 juin, puis le nombre de manifestants n’a cessé de croître pour atteindre près de deux millions de protestataires le 16 juin selon les organisateurs. Ainsi, plus du quart de la population est venu faire savoir son mécontentement face au projet de loi établi par Carrie Lam, la cheffe de l’exécutif de Hong Kong, ainsi que la démission de celle-ci.

Les raisons de ce déchaînement virulent ? Un projet de loi visant à autoriser les extraditions vers la Chine continentale. Pour rappel, l’extradition est une procédure juridique qui consiste pour un Etat à livrer à un autre Etat une personne poursuivie ou condamnée par la justice de ce dernier Etat. Cette loi est un accord d’extradition avec Taïwan. 

Cependant, l’île de Taïwan étant un territoire sur lequel Pékin revendique son autorité, cet accord se fait avec la Chine par la même occasion. C’est la cheffe de l’exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, qui est à l’origine de ce texte de loi qui fut présenté la première fois en février dernier.

Elle explique que la raison qui a motivé sa volonté d’imposer cette loi à la ville est un fait divers, qui a profondément choqué le pays en 2018. Il s’agit du meurtre de la jeune hongkongaise Poon Hiu-wing par son petit ami taiwanais. Ce prétexte est stratégique et permet à Carrie Lam de justifier et légitimer l’établissement d’une telle loi.

Le projet de loi a provoqué des manifestations géantes dans l’ancienne colonie britannique, plongée dans l’une de ses pires crises politiques où les appels à la démission de Carrie Lam sont nombreux.

Selon ses opposants, le projet de loi placerait la population à la merci du système judiciaire de Chine continentale, opaque et sous influence du Parti communiste. Les milieux d’affaires craignent en outre que la réforme nuise à l’image de Hong Kong à l’étranger, et à l’attractivité de la place financière.

Devant la pression de la rue, la cheffe de l’exécutif pro-Pékin a suspendu ce projet le 15 juin, mais les contestataires réclament sa démission ainsi que le retrait définitif du projet de loi. Elle a présenté le 18 juin ses « plus sincères excuses » pour la crise provoquée. « Je dois assumer personnellement la plus grande part de responsabilité » pour ce qui « a conduit à des controverses, des différends et de l’inquiétude dans la société », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.

En plus d’atteindre considérablement la réputation de Carrie Lam, la suspension du projet de loi hongkongais sur l’extradition met à mal la réputation du président chinois Xi Jinping. Cette crise témoigne en effet des limites d’un président qui est souvent présenté comme tout-puissant. C’est le premier échec politique majeur du maître de Pékin depuis son accession au pouvoir en 2012. Son silence sur cette question apparaît d’autant plus étonnant. En effet, l’intense mouvement de protestation semble volontairement minimiser ou passer sous silence par les autorités chinoises. La principale conséquence pour Xi Jinping est que l’échec de faire adopter la loi sur l’extradition a écorné “ce portrait d’un dirigeant omnipotent qui s’était imposé à l’international”, affirme Mareike Ohlberg.

Ces évènements sont similaires aux mouvements de contestations récents qu’il y a eu un peu partout dans le monde, et notamment en France avec les gilets jaunes. Ces crises politiques et sociales de grande ampleur nous rappellent que la paix, la stabilité, l’harmonie ne tiennent qu’à un fil et qu’il faut donc sans cesse parvenir à communiquer et trouver des compromis pour apaiser les tensions et maintenir un climat de paix.

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